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La dépendance: esquisse pour un portrait du dépendant

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Qui est dépendant ? Tout le monde, répond l'auteur, après un étonnant inventaire : l'amoureux et le joueur, le malade, le fumeur, le buveur et l'automobiliste, le croyant et le militant, nous sommes tous, chacun à sa manière, dépendants. De qui ou de quoi peut-on être dépendant ? À peu près de n'importe qui ou de n'importe quoi : on peut s'attacher aussi bien à une femme, à un homme ou à un chien, à une collection de papillons, à son travail, à la montagne, à un parti ou à Dieu. Il n'y a là aucun goût du paradoxe. Interrogeant sa propre expérience comme les expériences d'autrui, Albert Memmi montre que la dépendance est une fascinante évidence. Elle éclaire d'une manière inattendue la décolonisation, les relations actuelles entre les sexes et les oeuvres de culture.

224 pages, Mass Market Paperback

First published January 1, 1968

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About the author

Albert Memmi

67 books138 followers
Tunisian Jewish writer and essayist who migrated to France.

Born in Tunisia under French protectorate, from a Tunisian Jewish mother, Marguerite Sarfati, and a Tunisian-Italian Jewish father, François Memmi, he speaks French and Tunisian-Judeo-Arabic. He claims to be of Berber ancestry. He was educated in French primary schools, and continued on to the Carnot high school in Tunis, the University of Algiers where he studied philosophy, and finally the Sorbonne in Paris. Albert Memmi found himself at the crossroads of three cultures, and based his work on the difficulty of finding a balance between the East and the West.

His best-known nonfiction work is "The Colonizer and the Colonized", about the interdependent relationship of the two groups. It was published in 1957, a time when many national liberation movements were active. Jean-Paul Sartre wrote the preface. The work is often read in conjunction with Frantz Fanon's "Les damnés de la Terre" ("The Wretched of the Earth") and "Peau noire, masques blancs" ("Black Skin, White Masks") and Aimé Césaire's "Discourse on Colonialism." In October 2006, Memmi's follow-up to this work, titled "Decolonization and the Decolonized," was published. In this book, Memmi suggests that in the wake of global decolonization, the suffering of former colonies cannot be attributed to the former colonizers, but to the corrupt leaders and governments that control these states.

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Displaying 1 - 5 of 5 reviews
Profile Image for P.E..
969 reviews762 followers
December 15, 2019
Who is a dependant? Everyone, according to the author : the lover and the gambler, the sick, the smoker, the drinker, the motorist, the believer and the activist, we all are, in our own ways. Depend on whom or what? Nearly anyone or anything : you can grow attached to a woman, a man or a dog, to a collection of butterflies, to your work, to mountain hiking, to a party, to God. And this is not said for the sake of paradox. Questionning his own experience and others', Albert Memmi points out that dependance is a fascinating evidence. It offers unexpected vistas on decolonisation, the current relationships between genders and cultural works.

- Folio Essais back cover


Thanks to the friendly and humble perspective, this book is a revolutionary approach to dependance.

Albert Memmi does not consider dependance a shame or a vice but as it is : a drive, and a common fact for everyone.

Memmi brings into light a complex of vital ties between purveyor, dependant and what is being purveyed, and also lists ways out from unsatisfying dependence. That is, swapping an unsatisfying dependance for another, more rewarding dependance.


Dependence helps in rebuilding yourself after a series of exchanges with your friend is abruptly and definitively put to an end.


Matching Soundtrack :
In My Place - Coldplay

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Qui est dépendant ? Tout le monde, répond l'auteur, après un étonnant inventaire : l'amoureux et le joueur, le malade, le fumeur, le buveur et l'automobiliste, le croyant et le militant, nous sommes tous, chacun à sa manière, dépendants. De qui ou de quoi peut-on être dépendant ? A peu près de n'importe qui ou de n'importe quoi : on peut s'attacher aussi bien à une femme, à un homme ou à un chien, à une collection de papillons, à son travail, à la montagne, à un parti ou à Dieu. Il n'y a là aucun goût du paradoxe. Interrogeant sa propre expérience comme les expériences d'autrui, Albert Memmi montre que la dépendance est une fascinante évidence. Elle éclaire d'une manière inattendue la décolonisation, les relations actuelles entre les sexes et les œuvres de culture.

- Quatrième de couverture de l'édition Folio Essais



Le livre est révolutionnaire, dans la simplicité de son expression et l'abord amical de l'auteur.

Albert Memmi ne fait pas de la dépendance une honte, un vice qu'il faut éliminer, mais une nécessité, une réalité pour tous.

Memmi élucide un ensemble de relations vitales entre pourvoyeur, dépendant et objet de pourvoyance, et offre une grille de lecture du monde opérante. Il propose aussi des pistes pour se guérir du manque qui suit une dépendance insatisfaite.

Il a aussi des remarques que je trouve très lucides sur notre siècle :
"Quand quelqu'un veut se libérer, il a spontanément tendance à imiter son dominant, puisque celui-ci, étant dominant, a réussi, le mieux semble de l'imiter si l'on veut réussir à son tour."
"Donc les femmes qui ont commencé leur libération légitimement mais tardivement, au XXe siècle [particulièrement], ont eu pour première démarche d'imiter les hommes, de devenir des hommes; elles portent le pantalon, les cheveux courts, elles conduisent des voitures, elles vont sur la lune, elles deviennent savantes, professeurs, médecins, etc (...)".


Une lecture qui m'a beaucoup aidé à remonter la pente après une correspondance rompue brusquement, sans préavis, et définitivement.


Bande-son :
In My Place - Coldplay
Profile Image for Spicy T AKA Mr. Tea.
540 reviews61 followers
January 31, 2015
A fantastic starting place to look at dependent relationships--from interpersonal to international. Memmi, a sociologist and author of The Colonizer and the Colonized looks at the ways dependent relationships enter our lives and how human beings traverse those relations--either in a balanced way or in an almost fanatical way. He takes examples from literature, philosophy, psychology, and political science among others to explain his thesis. I was just flipping through it and found a lot of really great paragraphs underlined. Memmi, though, also has issues with sexism, which in this volume, it seems like he's beginning to realize. He also tends to create the "dependent" party as generally gendered female--which is not always the case and honestly gets old real fast. That was a little disheartening. Those issues aside, this book is an amazing find and one I read through quickly. It's accessible and relatively short. Enjoy!
Profile Image for Nicolas Lontel.
1,252 reviews92 followers
March 19, 2022
Un essai absolument fascinant et très très TRÈS bien vulgarisé qui explore les questions de dominations de différents groupes sociaux et tente de définir les oppressions en complexifiant les termes et les définitions pour dresser un meilleur portrait de la situation et réfléchir plus en profondeur à la question de l'identité qui ressort de l'oppression. J'aurais honnêtement aimer lire ce livre plusieurs années plus tôt puisqu'il me permet de mettre des mots sur des concepts, réflexions, etc. que je lis et entend parler depuis des années, mais que je n'ai jamais vu aussi clairement bien établi, réfléchi et juste posé sur le papier l'un à la suite de l'autre. Non seulement je n'ai pas pris autant de notes dans un livre depuis plusieurs années (sauf pour de la recherche), mais ce sera un livre que je vais amplement recommandé par la suite à plusieurs personnes, je pense que c'est un peu un incontournable de la pensée de la domination/oppression.

Cela dit, j'ai quand même deux ou trois problèmes MAJEURS avec l'ouvrage qui peuvent absolument être corrigés (ça ne fait pas effondrer le cadre théorique de l'ouvrage, mais il y a des angles morts qui peuvent être adressés [l'ont sûrement été, mais je ne sais pas encore par qui] et doivent absolument l'être).

On va commencer par le titre parce que c'est celui-là qui est le plus évident en premier lieu. Les femmes sont complètement évincées de l'ouvrage. On parle bien de la domination des femmes (et les précautions oratoires de l'auteur sont intéressantes puisqu'il montre bien comment il parle en dominant), mais c'est peut-être un des chapitres les plus faibles et se concentre vraiment uniquement sur Simone de Beauvoir, ses essais et romans (et ENCORE son rapport à Jean-Paul Sartre et vice-versa), mais pas du tout le reste du mouvement féministe. Ça, c'est le chapitre qui parle des femmes, tous les autres chapitres, quand il parle d'homme dominé, on peut croire qu'il s'agit d'un "Homme" universel, mais honnêtement, ça ne l'est pas du tout. Les combats des Noirs, il le divise entre trois figures d'hommes, les colons et colonisés, on ne parle que de la condition d'homme, l'analyse qu'il fait de la domesticité (par ailleurs très intéressante puisqu'elle se concentre presqu'uniquement sur un film pour en extraire une réflexion plus large) est impensable avec une bonne au lieu d'un domestique, etc. L'homme dominé, c'est vraiment ici un homme, pas une femme. Ses concepts théoriques fonctionnent très bien, mais ses exemples, analyses, etc. sont vraiment lacunaires à ce niveau.

Cette absence des femmes m'amène évidemment à souligner l'absence d'intersectionalité (bien que le mot n'existait pas, l'idée d'oppressions multipliées, cumulées, etc. elle existait) des figures qu'il convoque. En effet chaque catégorie subit sa propre domination, qu'il compare au sens métaphorique souvent à d'autre, mais il n'y a évidemment aucune pensée pour une femme juive ou encore un domestique Noir (et pourtant, il y aurait TELLEMENT à dire!!!!!!).

Cette absence de considération pour les luttes plus complexes amène aussi à créer une étrange hiérarchie ultime de domination. Non, il ne dit pas que le juif, le prolétaire ou le Noir est plus dominé qu'une femme ou un domestique, mais il base quand même absolument tout son travail théorique sur le racisme comme étant la définition et la base de toute les oppressions (pas la misogynie, l'anti-sémitisme, le classisme, la xénophobie, etc.) au point où la définition qu'il crée et qu'il révise du racisme est la définition de la création de l'oppression, de la création de la double conscience (pour reprendre l'idée de W.E.B. Du Bois) la mise à distance ou encore de l'alterité (pour reprendre l'idée de Beauvoir). Ainsi: "Le racisme est la valorisation généralisée et définitive de différences, réelles ou imaginaires, au profit de l'accusateur et au détriment de sa victime, afin de justifier ses privilèges ou son agression." (p.254) Bref, le racisme est en haut de la pyramide et le reste n'est qu'une des formes du racismes plutôt que de parler et de créer un concept comme autour de la domination (comme son titre le propose) ou de l'oppression pour expliquer toutes les variations qui en découle. Cela me semble un choix un peu étrange, que je peux comprendre à la limite, mais avec laquelle je suis en désaccord.

C'était mes désaccords dominants avec l'essai que je trouve autrement excellent. S'il n'y a qu'un texte qui peut être lu et "résume" un peu toute sa théorie, c'est vraiment le chapitre "Du racisme" dans la partie "Racisme et oppression" qui vulgarise, théorise, et met bien en étape tout le processus de création, de conséquence et de résistance autour du racisme (même si, encore une fois, j'aurais aimé un autre mot). Je reste vraiment très intéressé par l'ouvrage et espère poursuivre mes lectures de Memmi dont je n'avais lu que Portrait du colonisé, Portrait du colonisateur jusqu'à présent et que j'avais bien aimé aussi (cet essai est évidemment une suite de sa réflexion sans être, comme il le souligne amplement, une fin).
Profile Image for Yooperprof.
466 reviews18 followers
December 14, 2024
I don't need your damn AI to write a review!

Okay, with that out of the way, let me say that this is a hard book to read, because there are a lot of platitudes in it, along with some assumptions about attitudes and behaviors that may have been typical of the mid 20th century but which aren't exactly universal. That said, there are also passages of brilliance and acuity.
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