Du Bellay est l'un de mes poètes préférés. Je n'ai donc eu, en aucune manière, de regrets en lisant les regrets de l'un des plus fameux poètes classiques.
Commençons néanmoins par un conseil concernant ce recueil composé uniquement de sonnets, ne le lisez pas d'une traite : Sinon, la monotonie l'emportera sur la poésie. Ce livre est tout de même composés de 191 sonnet classiques, et donc au niveau de la forme, comme à un moment du contenu, il pourrait se créer une forme de lassitude à les lire tous à la suite, sans aucune pause. Je l'ai lu au rythme de 10 à 15 poèmes par jour, quand j'en avais le temps, le soir en général.
En parlant du contenu, ce recueil peut être divisé en trois parties différentes : la première concerne le mal du pays, son Anjou natal, la seconde une critique de Rome (où ce recueil a été écrit, ce qui donne le contexte des poèmes), la troisième et dernière partie est consacrée à l'éloge de ses amis et mécènes.
D'abord mélancolique et nostalgique (parfois à la limite des lamentations), il devient satirique dans une Rome qu'il avait idéalisé, tant il était nourri de culture antique grecque et romaine, déçu par la réalité. Il s'inspire aussi du style de la satire après son retour à la cour en France, lorsqu'il y fait l'expérience de l'hypocrisie. La fin de recueil est élégiaque.
Une fois cela dit de manière très scolaire - je l'avoue -, je dois dire que d'un point de vue didactique, lire le sonneur Du Bellay c'est comme avoir la recette idéale sur un plateau d'argent pour apprendre à composer un sonnet classique.
Enfin, et c'était le principal objectif : je l'ai lu surtout pour ces tournures un peu désuètes, mais pleines de charme en vieux français du XVIème siècle, car je veux un peu m'en inspirer moi-même dans mon futur recueil, ce qui me sera à vrai dire très utile : objectif rempli !