Est-ce le ciel ou la forêt? Un fourmillement frémit à la limite de son champ de conscience, sensation familière associée au danger. Il se redresse à demi et s’empare de son fusil. Ses oreilles bourdonnent. L’œil à la lunette, il fait défiler différents modes de vision. Au-delà de l’espace délimité par l’ouverture de l’abri s’étend la forêt. Et au milieu, bien droit sous la pluie, un robot solitaire. Il n’a pas d’arme et se contente de regarder Syn dans les yeux.
C’est l’histoire de Syn, un trappeur accompagné de son loup au pelage greffé de bandes synthétiques, dans un monde de ruines technologiques. La menace est partout, une guerre se déclare mais Syn ne veut plus tuer ses semblables…
Seule la science-fiction peut nous donner ce vertige d’être des archéologues du futur. Dans une langue raffinée, Vincent Gessler réussit son pari de nous envoûter par son récit âpre et exaltant de l’éternelle recherche des origines.
Avis un peu mitigé mais pas négatif pour ce one-shot de post-apocalyptique qui plaira aux amateurs de belles phrases et d’ambiance sombre et torturée.
C’est un livre dans lequel l’ambiance m’a bien plu. Au départ sur les 50 premiers pages ça me faisait un peu penser à Princesse Mononoke : la foret, le loup, la survie dans la nature, même le coté ancienne civilisation, ruines … Avec bien entendu en plus le coté post-apocalyptique. La métier du héros est de chasser les robots pour les empêcher de s’en prendre aux humains et toute l’intrigue commence ainsi.
C’est un roman qui se lit bien, avec une belle écriture. Je dirais même peut être au premier abord pour moi une trop belle écriture. J’avoue que je trouvais un léger décalage entre le coté primitif des personnages, de l’environnement, et des dialogues, et celui du narrateur. Je me demandais si c’était cohérent de s’imaginer qu’un tel niveau de langage ai pu survivre dans ce monde. Du coup je vais aller à l’inverse des avis généraux de ce livre : ça ne m’a pas vraiment plu sur le coup et ça m’a fait sortir du récit. En plus je trouvais que le style s’inclinait trop dans le « beau pour faire beau » et moins dans le « fonctionnel ». Si je devais citer un défaut à ce livre, ça serait surement celui ci en premier.
C’est aussi un roman assez violent (torture, viols, horreur …), mais normal me direz vous en post-apocalyptique. On n’est pas sur une société stable, il y a beaucoup de morts, de dangers pour ces populations qui utilisent encore des technologies anciennes sans vraiment les comprendre et en ignorant leurs dangers. Peut être un peu trop de technologie pour le héros qui a de nombreux gadgets dont certaines substances dont j’ai eu du mal sur le coup à trouver crédible le fait qu’elles soient toujours fonctionnelles ou qu’on en trouve encore. Mais ce n’est pas très important pour l’ensemble, donc pas un gros défaut, on peut lui laisser le bénéfice du doute.
L’intrigue est très sympa. Je ne vous en fait pas fait un résumé plus détaillé que la phrase du début car elle met du temps à vraiment démarrer et du coup ça spoilerait une grande partie du livre. Certes il faut garder en tête que c’est un oneshot de 250 pages, à la limite de la novella. Donc il ne faut pas attendre un grand développement. Mais pour autant ça n’est pas bourré d’action et il y a quand même pas mal de personnages et de retournements de situations. En gros ça ne faisait pas roman trop court et il se tient bien tout seul.
Dans l’ensemble je suis satisfaite mais pas beaucoup plus. Les points d’hésitation que je cite avant étant trop importants pour donner un avis plus positif. Mais ça n’a pas été une mauvaise lecture non plus. L’ambiance poétique avec cette belle écriture fait un bon contraste avec le monde primitif et violent (si on ne se pose pas trop de question à ce sujet, mais je pense que ça plait à pas mal de monde).
Récit sf post-apocalyptique parfois très violent; une nature sauvage, des humains, des robots, des guerres, des croyances, un monde décrit avec une poésie certaine. Le héros est attachant. Il y a une belle fin qui fait de ce récit un conte.
Une lecture passionnante, non par l'histoire, mais par les lieux parcourus, les émotions des personnages, et la manière de raconter. L'histoire n'évite pas certains clichés, mais on reste pris dans le destin de Syn et la forêt qu'il traverse. Le monde est intéressant à découvrir, et est surtout superbement décrit. Le livre se lit très vite, et on pénètre rapidement l'univers. Un prix des Utopiales mérité, je trouve.
Une histoire vue, revue et rerevue qui enfile des clichés insupportables (les filles à gros seins et aux cheveux qui cascadent). Le pire est que la langue se veut travaillée alors qu'elle est seulement maladroite et ridicule. on en arrive à des perles : "Syn dont les sens s'aiguisent avec concupiscence" ou mieux "leurs histoires éprouvent un besoin mutuel". L'éditeur n'a pas fait son boulot et donner deux prix à ce roman pré pubère va améliorer à coup sûr l'image de la sf française.